Incohérence sondagière

Certains de ceux qui font confiance aux sondages disant que Bayrou ne sera pas au second tour, refusent de regarder les mêmes sondages prédisant la lourde défaite de Sarkozy face à Hollande.

On dit traditionnellement que l’élection présidentielle se joue au centre. C’est un abus de langage, conséquence de la trop vielle idée reçue qui assimile le centre aux indécis. En réalité le second tour de l’élection présidentielle est toujours remporté par le moins détesté des deux candidats et non pas par le préféré.

Voici pourquoi :

Au premier tour les deux premiers peuvent espérer réunir, selon l’élection, entre 25% et 35% de l’électorat. Reste entre 50% et 30% de l’électorat qui ont voté soit pour un autre candidat, soit ne sont intéressés par aucun. Les « frustrés » du premier tour.

Au second tour les « frustrés » élimineront le candidat qu’ils détestent le plus puisque, par définition, aucun des deux n’est leur premier choix.

D’où l’adage bien connu : « au premier tour on choisit, au second tour on élimine ».

Pour déterminer le vainqueur il convient donc de s’intéresser plus au potentiel de détestation qu’à la cote d’amour. C’est pourquoi Sarkozy n’a vraiment aucune chance de gagner au second tour. Que l’on considère cela justifié ou non, c’est un fait qu’il est l’un des présidents les plus détestés de l’histoire de la 5e république. Il ne peut plus faire aucune proposition « positive » qui puisse retourner cette situation, car c’est plus sur les valeurs que sur le bilan que cette détestation s’est forgée. Sarkozy a eu tord de la négliger. Il est trop tard.

Si on ajoute à cela que le « peuple de gauche » est hyper frustré de n’avoir pu gagner une élection présidentielle depuis 1988. Cela fait beaucoup.

Voter Sarkozy au premier tour c’est la certitude absolue d’élire Hollande au second.

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