BAYROU Plafonne, comment en sortir ?

La popularité de François Bayrou dans l’opinion est supérieure à 60%

On n’entend pratiquement aucune critique à l’égard de son programme considéré comme sérieux par de nombreux observateurs. Les orientations de François Bayrou ont même été pillées par plusieurs candidats.

Pourtant François Bayrou plafonne en dessous de 15% dans les intentions de vote au premier tour. Ceci représente moins du quart des gens qui considèrent que son programme est crédible.

Quel paradoxe !

Se contenter d’expliquer ce paradoxe par le déficit médiatique ne tient pas la distance. On a du mal à imaginer comment un candidat ayant un déficit médiatique peut dépasser les 60% de popularité. La raison est nécessairement ailleurs.

Comme le dit d’ailleurs François Bayrou s’agissant de son diagnostic sur la France, il faut chercher les causes du problème à l’intérieur et non accuser l’extérieur.

Sans une vision crédible, pratique et concrète de ce qui se passera après les élections présidentielles, il est à craindre que le plafond des 20% ne soit jamais dépassé dans le meilleur des cas.

SOLUTION PROPOSEE

Quand on prend le temps de parler avec les gens, on se rend compte que beaucoup ne croient pas en cette majorité centrale et cette union nationale. Il ne s’agit pas de dire qu’ils ne l’aimeraient pas, mais plutôt qu’ils ne voient pas comment elle peut se produire en pratique. Quand on entend dire « Bayrou oui, mais avec qui va-t-il gouverner ? » ce n’est que l’autre face de la même pièce.

Voici les réponses et les pistes de réflexion que je propose :

  1. Si Bayrou était si seul qu’on veut le faire croire, il n’aurait pas pu préparer un programme aussi sérieux
  2. Si Bayrou avait un appareil de parti comme l’UMP et le PS à manoeuvrer il ne pourrait pas faire les réformes courageuses dont nous avons besoin. Son indépendance est la garantie de sa capacité à réformer. Il ne faut pas perdre de vue à ce sujet que Sarkozy a plus de force face à l’UMP que Hollande face au PS. Bayrou doit absolument montrer une détermination forte, c’est ce qui a fait élire Sarkozy en 2007.
  3. Lors des élections législatives il faudra demander à chaque candidat, de quelque bord qu’il soit, de dire avant le premier tour, quelles réformes du programme de François Bayrou il/elle entend soutenir et celles qu’il/elle entend combattre. Dans chaque circonscription, il y aura des candidats Modem. Les désistements au second tour tiendront compte de l’engagement des candidats. Le Modem pourra contribuer à l’élection de députés de droite ou de gauche sur la base des idées et non sur des logiques d’appareil. Je souhaite bien du courage à ceux qui refuseront de se prononcer et à ceux qui ne tiendraient pas parole. En effet … point 4.
  4. Le référendum qui se tiendra en même temps que le premier tour des législatives va entériner la réduction du nombre de députés. Un certain nombre de députés, sans qu’on puisse savoir lesquels a priori, ne retrouveront pas leur siège à l’élection suivante. Le président de la république ayant pouvoir de dissoudre l’assemblée, cela va en faire réfléchir certains à l’égard du respect de leurs engagements de campagne.
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Incohérence sondagière

Certains de ceux qui font confiance aux sondages disant que Bayrou ne sera pas au second tour, refusent de regarder les mêmes sondages prédisant la lourde défaite de Sarkozy face à Hollande.

On dit traditionnellement que l’élection présidentielle se joue au centre. C’est un abus de langage, conséquence de la trop vielle idée reçue qui assimile le centre aux indécis. En réalité le second tour de l’élection présidentielle est toujours remporté par le moins détesté des deux candidats et non pas par le préféré.

Voici pourquoi :

Au premier tour les deux premiers peuvent espérer réunir, selon l’élection, entre 25% et 35% de l’électorat. Reste entre 50% et 30% de l’électorat qui ont voté soit pour un autre candidat, soit ne sont intéressés par aucun. Les « frustrés » du premier tour.

Au second tour les « frustrés » élimineront le candidat qu’ils détestent le plus puisque, par définition, aucun des deux n’est leur premier choix.

D’où l’adage bien connu : « au premier tour on choisit, au second tour on élimine ».

Pour déterminer le vainqueur il convient donc de s’intéresser plus au potentiel de détestation qu’à la cote d’amour. C’est pourquoi Sarkozy n’a vraiment aucune chance de gagner au second tour. Que l’on considère cela justifié ou non, c’est un fait qu’il est l’un des présidents les plus détestés de l’histoire de la 5e république. Il ne peut plus faire aucune proposition « positive » qui puisse retourner cette situation, car c’est plus sur les valeurs que sur le bilan que cette détestation s’est forgée. Sarkozy a eu tord de la négliger. Il est trop tard.

Si on ajoute à cela que le « peuple de gauche » est hyper frustré de n’avoir pu gagner une élection présidentielle depuis 1988. Cela fait beaucoup.

Voter Sarkozy au premier tour c’est la certitude absolue d’élire Hollande au second.

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SALAIRE NET = SALAIRE BRUT (La TVA vraiment sociale)

En 2007, le premier gouvernement de l’ère Sarkozy voulait mettre en place une TVA sociale. Jean Louis Borloo a vendu la mèche dans un débat avec Laurent Fabius lequel s’est empressé de faire savoir à quel point cette TVA sociale ne l’était pas. On connaît la suite, l’idée a été enterrée et Borloo est tombé de son piédestal.

Or la TVA sociale peut être vraiment sociale. Tout dépend à quoi on applique la réduction de charges qui est compensée par la hausse de la TVA.

Jean Arthuis dans son dernier livre propose une solution très radicale, mais on peut craindre qu’elle engendre une rupture trop forte. Je propose une solution progressive qui commence par ce qu’on pourrait appeler sous la forme du slogan

opération salaire net = salaire brut.

Regardez un bulletin de salaire. L’employé reçoit un salaire net, qui est calculé en retirant de son salaire brut les cotisations sociales dites « employé » (qui sont retenues par l’employeur et reversées aux organismes sociaux).

Le coût total du salarié pour l’employeur est égal au salaire net + les cotisations employé + les cotisations dites patronales.

Je propose que l’on verse aux employés la totalité de leur salaire brut et qu’on compense les cotisations « employé » non versées par une hausse de la TVA. Il est envisageable, dans un premier temps, de n’appliquer cette opération qu’aux cotisations dont la base est inférieure au plafond de la sécurité sociale (appelé Tranche A, soit 2.946€ actuellement) afin de favoriser encore plus les bas salaires.

Résultats escomptés :

  • Un accroissement de pouvoir d’achat par une augmentation générale et significative des bas salaires dont l’effet serait entamé mais pas en totalisé par une augmentation de la TVA. En pratique l’augmentation serait d’environ 13,7% du salaire brut dans le contexte que je connais, soit environ 200€ par mois pour un salaire brut proche de 1500€. L’augmentation de la TVA nécessaire est très certainement bien inférieure à 13%, mais je ne sais pas la chiffrer.
  • Une amélioration qui bénéficie proportionnellement plus aux salariés les plus défavorisés.
  • La hausse de la TVA s’applique également aux produits importés.
  • Relance de l’économie et donc accroissement des recettes de TVA supérieur à ce que la simple augmentation du taux de TVA procurerait.
  • Les entreprises vont mieux ce qui entraîne plus de rentrées fiscales. Mais le coût du travail est resté inchangé. On peut donc envisager une seconde étape visant à réduire les charges patronales par une autre augmentation de la TVA. Il peut être envisagé de demander aux entreprises qui voient leur coût du travail baisser de partager cette baisse avec une augmentation des salaires.
  • Probable baisse du chômage et augmentation des recettes fiscales.
  • Une plus grande différence entre la situation d’une personne qui travaille et une personne qui vit d’allocations. C’est pourquoi il convient de prévoir une compensation pour les catégories de non salariés qui souffriraient injustement de cette mesure.

Il me semble qu’on entre ainsi  dans un cercle vertueux, par une mesure dont j’aimerais bien qu’on me dise si elle est de droite ou de gauche ! :-)

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TAXE SUR TRANSACTIONS FINANCIERES

Il y a mieux à faire que de taxer toutes les transactions financières. Les Anglais ont malheureusement raison de dire que cela ne peut se faire qu’à l’échelle mondiale, sinon les transactions se feront ailleurs.

Par contre on peut taxer les plus values à court terme.

La taxation des plus values serait alors inversement proportionnelle à la durée de détention d’un titre.  Par exemple on peut taxer à un taux rédhibitoire (100%?) une plus value boursière réalisée dans la journée et on ne taxe plus du tout une plus value boursière si la durée de détention est de plusieurs années (je recommande 6). Entre les deux on a une taxation dégressive. L’idée est d’encourager l’investissement à long terme. La spéculation à long terme n’est pas un mal, c’est le moteur de l’investissement dans les entreprises. La spéculation à court terme a pour seul intérêt d’accroître la liquidité du marché financier, mais fait une concurrence déloyale beaucoup trop forte à l’économie réelle à cause des effets de levier.

C’est compliqué à mettre en oeuvre mais l’informatique le permet puisqu’elle permet déjà de gérer les plus et moins values, y compris latentes.

La conséquence immédiate serait une baisse terrible de la « liquidité » des titres. En effet la spéculation à  court terme ne servirait plus à rien.

Du coup les entreprises qui voudraient avoir un actionnariat stable se feraient coter à Paris et celles qui aiment se faire chahuter par les analystes et spéculateurs à court terme iraient se faire coter ailleurs. Cela ne me dérange pas beaucoup.

Cette méthode permettrait de conserver les techniques d’achat et de vente à terme (même à découvert) qui sont utiles dans l’économie réelle, en particulier quand il s’agit pour une entreprise de couvrir ses risques de change.

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LOGEMENT SOCIAL

Je lis aujourd’hui dans la presse locale de Pau que 62% des gens remplissent les critères ouvrant droit à un logement social. Évidemment on est bien loin de pouvoir les satisfaire tous.

Le logement social est l’exemple type de la mauvaise gestion politique.

On traite les effets au lieu de traiter la cause.

Le problème est que les gens ne peuvent pas se loger dans les endroits où il y a du travail car les prix sont trop élevés. La cause du problème ne serait-elle pas un mauvais aménagement du territoire ? Pourquoi faut-il que la majorité des emplois se trouvent en Ile de France ou dans les grosses agglomérations et qu’il n’y ait rien dans certaines zones de la France profonde ? Au lieu de chercher des solutions visant à inverser la tendance, c’est à dire à mieux répartir l’activité économique sur le territoire, on dépense des sommes astronomiques en logements social ce qui

  1. Ne résout pas le problème.
  2. Crée des inégalités entre ceux qui sont servis et ceux qui ne le sont pas
  3. Peut engendrer, comme toute pénurie, des problèmes de corruption (pour rester modeste).
  4. A engendré des ghettos qui posent désormais de graves problèmes de sécurité

Si on avait consacré les sommes dédiées au logement social à organiser mieux le territoire on n’en serait pas là. Il pas trop tard pour le comprendre et tenter d’inverser la tendance.

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EQUIPE DE FRANCE

Pour être membre de l’Équipe de France il faut être domicilié fiscalement en France.

Cela ne résout peut-être pas grand chose mais ça fait du bien de le dire :-)

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RETRAITES

Pourquoi faut-il un âge légal de départ à la retraite ? Ne peut on dire que chacun devra travailler un certain pourcentage de sa vie ? Chaque profession ayant une espérance de vie en fonction de la pénibilité cela permet une certaine justice. Ainsi une profession reconnue comme ayant une espérance de vie de 80 ans devrait travailler 40 ans si le pourcentage ci-dessus était 50%.  Une telle personne commençant sa carrière à 18 ans devrait travailler jusqu’à 58. On pourrait appliquer cela à pratiquement tout le monde sauf aux professions comme les militaires d’active qui nécessitent une forme physique particulièrement affûtée.

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LE CENTRE EXISTE

Il est préférable de lire l’article précédent avant celui-ci.

Allons y dans l’utopie donc. Faisons le rêve d’une société idéale.  Celle dans laquelle les individus seraient tellement responsables et conscients des conséquences de leurs actes sur les autres et leur environnement, qu’il n’y aurait plus besoin d’autre loi que « ma liberté s’arrête ou commence celle des autres.

Utopie c’est certain. Orientation politique distincte de l’axe droite gauche, c’est ce qu’il faut démontrer.

Un exemple à propos des fameux bonus des traders. La gauche aimerait les interdire, les libéraux aimeraient bien qu’ils restent. L’un et l’autre étant au gouvernement finiraient, chacun à sa manière, par établir un encadrement des bonus. La politique centriste consisterait à dire aux traders qu’ils sont libres de négocier les bonus qu’ils veulent, mais ils sont responsables des conséquences. Par exemple on donnera une note aux établissements qui les emploient. Cette note sera probablement très mauvaise si les traders continuaient leurs errements, faisant perdre beaucoup de leur crédit à leurs employeurs. Les utilisateurs seraient informés et seraient eux-mêmes moins bien notés s’ils faisaient excessivement appel à ces établissements. C’est encore un peu utopique certes, mais ça permet d’expliquer justement la nature de l’utopie centriste.

L’important est que la société encourage les comportements responsables et sanctionne (durement) les comportements irresponsables. La société s’analyse avec une vision globale, systémique. Quand on traite un problème on évite d’en traiter seulement les symptômes, on regarde les tenants et aboutissants. Pour faire médiatique on pourrait dire que c’est de l’écologie généralisée à tous les compartiments de la vie sociale.  On comprend mieux que cette écologie là n’est plus de gauche pas plus qu’elle n’est de droite et qu’elle ne se limite pas à la nature.

On conçoit aisément que cette politique plaise à la droite par certains aspects et à la gauche par d’autres. En ce sens elle est réellement centriste. Pour autant elle n’a pas le cul entre deux chaises !

Il est permis de penser que cette orientation politique anime beaucoup d’adhérents du Modem. Il faut la médiatiser, la rendre plus facile à appréhender. Il y a du travail.

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CENTRISTE REVOLUTIONNAIRE

Qu’est-ce qu’un centriste ? Un qui ne sait pas choisir entre la gauche et la droite ? Un modéré incapable de sortir de son immobilisme ? L’image populaire n’est pas facile à porter. Depuis les années 60 les centristes, par simple réalisme électoral, s’étaient associés à la droite. Ils sont passés pour des gens de droite modérés. Image brouillée et négation de l’idée même de centre ! Si l’on souhaite que la vie publique ne soit plus bipolaire droite-gauche, la seule façon d’en sortir est d’affirmer que le centre existe par lui-même. Le centre se doit alors d’avoir une idéologie politique propre qui ne saurait être un compromis entre les idées de gauche et les idées de droite, sinon il n’y aurait toujours que deux pôles. Les idéologies politiques sont par nature des utopies. En simplifiant on peut dire que l’utopie communiste veut que le bien individuel se déduise du bien commun, l’utopie libérale veut que le bien commun se construise par l’addition des biens individuels. Définir l’utopie centriste serait une réelle révolution. J’y viendrai dans un prochain article.

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Alain MINC

Dans son livre « Abus de pouvoir » François Baryou livre, tel Don Quichotte, une fort chevaleresque charge contre Alain Minc. C’est déployer beaucoup de talents contre un moulin à vent. Je suis de ceux qui, abusés par leur médiatisation, ont essayé de lire quelques livres de cet auteur. J’ai toujours regretté d’avoir de la sorte versé une obole à cet esprit confus et vaniteux. Ceux qui raillent Michel Rocard pour la complexité de ses propos devraient essayer de lire du Minc.

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